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NOUVELLES POLICIÈRES

Poule de luxe, une enquête de Cédric Boukerma

Par Jocelyne Duparc

De toute la basse-cour, si elle affichait le plus mauvais caractère, Bobonne pondait incontestablement les plus gros oeufs. C’était ces oeufs-là qu’Yvonne destinait au gâteau d’anniversaire de sa fille. Elle décida d’aller, séance tenante, les débusquer dans la remise à foin où le gallinacé avait coutume de les dissimuler.
Elle frissonna en traversant la cour pavée. Cette fin d’Octobre sentait déjà l’hiver et la rivière toute proche diffusait un voile de brume sur les champs fraîchement labourés. A travers le rideau de sapins vert sombre, on distinguait à peine les deux tours carrées de Kerostran. Yvonne imagina Marianne s’affairant dans la vaste cuisine du château. Tout comme elle, son amie avait dû se lever de bonne heure pour préparer les festivités.
Yvonne avait encore en tête d’autres anniversaires, d’autres fêtes célébrées au château quand elles étaient jeunes filles. Ses parents étaient de simples métayers et le village s’étonnait de l’amitié sans faille qui l’unissait à celle qu’on appelait alors « la Demoiselle de Kerostran » ! Cet attachement ne s’était jamais démenti, bien que Marianne eût vécu de nombreuses années à Paris à l’époque où son mari y dirigeait son cabinet d’études financières. À la naissance de Cédric, c’est tout naturellement son amie Yvonne qu’elle lui avait choisie pour marraine. La même année, Yvonne avait épousé Guillaume et six ans plus tard, Ghislaine était née pour que Marianne ait à son tour une filleule !
- Le temps passe bien trop vite ! Se dit Yvonne.
Le soir même, on fêterait les vingt-six ans de Ghislaine, Cédric en avait eu trente-deux au début du mois. Il habitait Paris tout comme sa soeur Lilly que Marianne appelait toujours « la petite » bien qu’elle eût déjà vingt-huit ans.
Yvonne sourit en pensant qu’elle et son amie n’avaient pas à se plaindre de la vie. Des mariages réussis, des enfants bien installés... Elle craignait parfois que sa fille songeât à rejoindre ses amis d’enfance à la capitale. Cédric surtout exerçait une attirance particulière sur la jeune fille. Après avoir été reporter pour un grand quotidien, il avait repris la clientèle parisienne de son père. Toutefois, gérer des portefeuilles d’actions ne comblait pas sa nature impétueuse. Il ne s’était jamais résigné à abandonner ses activités journalistiques et se lançait dans l’aventure dès qu’un sujet le passionnait. Malgré elle, à chaque fois qu’elle lisait le nom de son ami au bas d’un article, Ghislaine se prenait à rêver d’une vie trépidante que ne lui offrait pas son village natal.
- Pourtant, elle aime tant les enfants, se dit Yvonne. Son métier d’institutrice lui sied à ravir ! Bah ! Ça lui passera...

Yvonne pesa de tout son poids sur la lourde porte qui coulissa par saccades sur le vieux rail rouillé. A tâtons, sa main trouva l’interrupteur. L’ampoule nue, se balançant mollement au bout d’un fil torsadé, diffusa sa lumière crue.
Un morceau de jupe écossaise, style Sheila des années 60, émergeait de l’énorme tas de foin. Yvonne sourit avec indulgence. Fidèle à sa marotte de gamine, Ghislaine consolait ses petits chagrins dans la chaleur douillette de la paille odorante.
- Guillaume a été trop dur avec elle hier au soir. Il adore sa fille, pourquoi s’est-il laissé aller à la disputer pour une simple rayure sur une portière ? Décidément, se dit Yvonne, les hommes... Même les meilleurs d’entre eux... Dès qu’il s’agit de leur voiture...
Elle appela doucement :
- Ghislaine... Mon poussin... Tu dors ?
Elle s’approcha sans bruit. Comme toujours, la beauté de sa fille gonfla son coeur d’amour et de fierté. D’un geste tendre, elle repoussa les boucles blondes dissimulant le visage de la belle endormie.
Les cheveux d’or glissèrent entre ses doigts. Sa main demeura figée...
Avant même que ces yeux n’aient assimilé l’image qui s’offrait à eux, avant même que son cerveau n’en ait eu pleinement conscience, une douleur brutale irradia tout son être, la clouant sur place.
Ghislaine resta indifférente au hurlement de bête blessée qui écorcha la gorge de sa mère. Ses grands yeux clairs, à la transparence déjà vitreuse, s’écarquillaient sur une vision définitive de surprise et de peur. Sa bouche semblait ouverte sur un dernier cri muet et ses joues glacées avaient la teinte bleutée de l’écharpe de soie qui enserrait son cou.
Yvonne tomba à genoux, auprès de son enfant. L’entourant d’un bras protecteur, elle la berça longtemps, lui murmurant des petits mots gentils, des mots de maman, inventés pour soigner les bobos et les peines.
C’est dans cette attitude que Guillaume, au retour des champs, les découvrit toutes deux. Yvonne serrait toujours convulsivement le corps inerte de Ghislaine et les yeux de la mère, comme ceux de la fille, reflétaient un néant lointain.

D’après les premières constatations du médecin légiste, Ghislaine Guennec avait été étranglée dans la nuit du jeudi au vendredi, aux environs de deux heures.
Sur le témoignage d’un voisin, les enquêteurs apprirent que la veille, une violente dispute l’avait opposée à son père. Guillaume Guennec portait une ecchymose au poignet gauche. Il disait se l’être faite en arrachant une lourde souche qui gênait le passage de son tracteur. Les enquêteurs voyaient en cette meurtrissure la trace des doigts de Ghislaine tentant de repousser l’étreinte mortelle.
Guillaume clamait son innocence. Il affirmait que sa femme l’avait vu se blesser et pouvait en attester. Yvonne était bien incapable de confirmer quoi que ce soit ! Depuis le drame, elle n’avait pas prononcé une parole. Conduite à l’hôpital de Quimper, elle demeurait prostrée, dans sa chambre blanche, si proche du tiroir glacé où reposait sa fille.

Dès l’arrestation de leur malheureux ami, Marianne et Maurice Boukerma avaient contacté Maître Dinan qu’ils considéraient comme le meilleur avocat de Quimper. Ensuite, il avait fallu faire face aux exigences de la vie quotidienne d’une ferme. Cédric et son père s’y étaient attelés. Nourrir les bêtes n’était déjà pas une mince affaire, mais s’occuper de la traite des vaches relevait pour eux du domaine de l’exploit ! Dans d’autres circonstances, ils se seraient bien amusés de leur maladresse. Tant bien que mal, ils parvinrent néanmoins à leurs fins.
À travers les larmes qui lui brouillaient la vue dès qu’elle se retrouvait seule, Marianne les avait regardés remonter côte à côte la longue allée reliant la ferme au château. Bien qu’avec l’âge la haute silhouette de Maurice se fut légèrement épaissie, la ressemblance était frappante. La même démarche souple, la même chevelure blond cuivré que quelques fils blancs ternissaient chez l’aîné...

À présent, assis sur le canapé du salon, Cédric jouait négligemment avec le remontoir de la vieille montre de gousset qui lui venait de son grand-père.
Au premier abord, son attitude pouvait paraître nonchalante. Marianne connaissait bien son fils et savait que ce geste trahissait au contraire une grande nervosité. Il détestait le sentiment d’impuissance qui l’avait assailli et ne le quittait pas depuis l’arrestation de Guillaume.
Initialement, tout comme sa soeur, il ne devait séjourner à Kerostran que le temps du week-end. Il était resté auprès de ses parents pour les aider à supporter l’épreuve mais, décidément, la passivité ne lui convenait pas.
- Tu devrais rappeler Maître Dinan, dit-il à son père.
- Je lui ai déjà téléphoné ce matin... Tu sais très bien qu’il fait tout ce qui est en son pouvoir...
- Il faudrait qu’il fasse ôter les scellés de la remise à foin ! J’aimerais bien y jeter un coup d’oeil.
- Les policiers ont tout fouillé minutieusement. Ils n’ont rien trouvé... Pas le moindre indice... Tu peux leur faire confiance !
- D’accord, ils ont tout fouillé ! Mais ils ne connaissaient pas les lieux, ils ne connaissaient pas Ghislaine... Un détail a pu leur échapper.
Monsieur Boukerma ne répondit pas, accoutumé qu’il était au caractère entêté de Cédric. C’était le seul défaut qu’il accordait à son fils. Défaut accompagné d’une forte tendance à vouloir tout faire par soi-même. « Tu dois apprendre à déléguer », lui disait-il souvent !
- Il faudra bien ouvrir la remise pour accéder à la réserve de foin ! Sinon, qu’est-ce que les vaches mangeront ? Le juge d’instruction ne peut pas réfuter cet argument !
Maurice Boukerma décrocha le téléphone. L’échange fut bref.
- De toute façon, il n’est pas là. Il est au Tribunal. Il plaide en ce moment...
- Dans ce cas, je vais appeler Roger.
- Crois-tu que Roger puisse avoir une quelconque influence en dehors de sa juridiction ?
- Quand il était simple flic, il a passé près de trois ans dans une brigade de Brest. Il a peut-être conservé quelques relations dans la région. Je ne risque rien à essayer !
Tout comme ses parents, Cédric n’avait pas imaginé un instant que Guillaume puisse être coupable du meurtre de sa fille. Malgré l’émotion et le chagrin qui l’accablaient, il était bien décidé à tout tenter pour venir en aide à leur ami.
De plus, il acceptait difficilement d’être tenu à l’écart des investigations de la police et espérait se rapprocher des enquêteurs grâce à son ami l’inspecteur Roger Flandrois.
Cédric et Roger s’étaient connus durant leur service militaire effectué dans un régiment de parachutistes. Après que leur temps d’armée se fut écoulé, le hasard et leur passion commune pour ce sport les avaient réunis dans un même club de parachutisme et leur amitié s’était confirmée.
Lorsqu’il eut raccroché le combiné, Cédric s’approcha de la fenêtre. A travers la vaste baie vitrée il regardait l’Odet rouler ses eaux luisantes dont les franges d’écume annonçaient la proximité de la mer.
- Roger va voir ce qu’il peut faire... On n’a plus qu’à attendre. Dit-il sans se retourner.
Marianne jeta un rapide coup d’oeil vers son fils. Dans l’ombre des lourds rideaux de velours, ses yeux habituellement d’un bleu presque turquoise, reflétaient le gris de la rivière.
- Ce n’est pas toujours facile, dit-elle. Mais parfois, il faut savoir patienter.
- Ce qui m’inquiète, c’est que tous les soupçons se portent sur Guillaume. Si la police se contente de cette piste et ne cherche pas plus loin, il fera un coupable parfait ! Sans compter les bonnes âmes qui se feront un plaisir d’évoquer son fameux caractère bourru !
- Je sais bien... Guillaume n’a pas que des amis... Si au moins Yvonne réagissait !

Cédric passa la matinée suivante à fureter dans les environs. Avec lui, les villageois se montraient plus bavards qu’auprès des policiers. Toutefois, il n’obtint aucun élément nouveau. Personne n’avait rien vu, excepté Léon Glaz qui, l’air un peu gêné, lui confirma la querelle surprise dans la cour des Guennec.
En début d’après-midi, l’action conjuguée de Maître Dinan et de Roger Flandrois eut raison des réticences du juge. Les scellés furent levés et l’accès à la grange enfin autorisé.
Dès que les autorités eurent libéré les lieux, Cédric pénétra dans l’immense hangar. Au premier regard, on comprenait que tout avait été passé au crible.
- Une aiguille dans une meule de foin... Se dit-il !
Il n’avait pas l’intention de baisser les bras pour autant. Il commença ses recherches, s’efforçant à repousser l’image lancinante du corps sans vie de Ghislaine.
Il ne ménagea pas sa peine, déplaçant des monceaux de paille à l’aide d’une vieille fourche au manche rugueux. Après des heures de cet exercice, d’un geste las, il se passa la main dans les cheveux.
- Mais, qu’est-ce que je cherche, au juste ?
Le soleil déclinait déjà et laissait filtrer une lueur rougeâtre à travers les parois de planches mal jointes. Seul le mur du fond restait opaque. Cédric se souvint que l’été précédent, Guillaume en avait renforcé l’isolation qui laissait trop à désirer. Il cogna sur les planches rêches, ça sonnait creux. Il y avait bien vingt centimètres entre les deux épaisseurs de bois. Un léger bruit attira son attention. Dégageant les premières planches, il fut surpris par deux yeux ronds qui le fixaient d’un regard courroucé. Une grosse poule rouge trônait au milieu de sa future progéniture. Tous ces oeufs accumulés représentaient bien deux semaines de ponte ! Le volatile émis un cri rauque et gratta le sol de terre battue. Un petit objet métallique brillait entre ses pattes.
- Qu’est-ce que c’est que ça ?
Cédric tendit la main et reçu un coup de bec énergique. Il parvint malgré tout à s’emparer du trésor de Bobonne. La laissant furieuse dans son nid de bois sec, il sortit contempler sa trouvaille.
- Un pin’s !
L’objet représentait une tête de bovin couronnée d’une natte d’épis de blé. Le minuscule bijou semblait neuf. Aucune trace de corrosion.
- Une poule qui se prend pour la pie voleuse...
Le pin’s n’était nullement souillé. Il n’avait pas dû séjourner longtemps dans le repaire de Bobonne. Pensif, Cédric reprit le chemin du château.
Sur une page de son agenda, il reproduisit fidèlement le graphisme du pin’s. Il n’avait plus qu’à apporter sa découverte au commissariat de police. Il récupéra sa voiture et prit la route de Quimper.

En sortant du commissariat, Cédric était perplexe. L’inspecteur chargé de l’enquête avait bien voulu le recevoir mais son attitude ne laissait subsister aucun doute. L’air sceptique et le ton hautain disaient clairement « De quoi je me mêle ? » Après avoir rangé la pièce à conviction dans une enveloppe de papier kraft, il s’était levé afin de signifier la fin de l’entretien.
Cédric s’apprêtait à regagner sa voiture quand une idée lui traversa l’esprit. D’un pas décidé, il obliqua en direction du bureau de poste. Avec un peu de chance, les pages jaunes de l’annuaire lui fourniraient les coordonnées des fabricants d’articles publicitaires de la région.
Huit noms figuraient sous la rubrique. Comme toujours, Cédric avait laissé son téléphone portable dans la boîte à gants de sa voiture ! Fouillant les poches de son bombardier, il découvrit, suffisamment de monnaie pour mobiliser une cabine téléphonique.
Sur les huit sociétés consultées, trois d’entre elles fabriquaient des pin’s. Deux entreprises étaient Quimpéroises et la troisième basée à Douarnenez. Les deux premières acceptèrent de le recevoir immédiatement.
Il décida de se faire passer pour un collectionneur recherchant passionnément le fameux pin’s à la vache ! Il n’était pas sûr d’obtenir un résultat mais, pris par le temps, il n’imaginait pas d’autre subterfuge !
Chez Publimax, l’employé qui le reçut se montra très coopératif, bien que légèrement goguenard, car la mode des pin’s lui semblait un peu dépassée. Malheureusement, malgré toute sa bonne volonté, il ne put lui être d’aucune aide. L’article n’avait pas été fabriqué dans leurs ateliers. L’entrevue ne dura pas longtemps et Cédric arriva à l’heure pile au second rendez-vous.
C’est le chef d’atelier qui l’accueillit. Quand Cédric lui eut exposé l’objet de sa visite, l’homme prit un air entendu. Lui-même était fervent collectionneur et connaissait à fond son sujet ! Il s’empara d’un volumineux classeur où étaient rangées les maquettes de tout ce que l’atelier fabriquait en pin’s, badges et broches métalliques. Après avoir rapidement consulté sa bible, il dit d’un ton désolé :
- Mon pauvre ami, je ne peux rien faire pour vous !
Il dut lire la déception sur le visage de Cédric, aussi précisa-t-il :
- Voyez-vous, ce pin’s-là, moi-même je ne l’ai pas ! C’est vous dire ! Si vous l’avez un jour eu entre les mains, il ne pouvait s’agir que du prototype car la commande n’a jamais été confirmée.
- Il n’y aurait eu qu’un seul modèle de fabriqué ?
- Oui, c’est bien ça ! Vous vous souvenez de la foire que les éleveurs de Combrit avaient organisée en mai dernier ? C’est l’un d’entre eux qui avait demandé le devis. Le pauvre, quand il a vu le prix ! Ça lui faisait bien trop cher ! Il a juste conservé le prototype, ça on ne le fait jamais payer !
Cédric sentit son pouls s’accélérer !
- Vous vous souvenez du nom du gars ?
- Ah ! Vous êtes obstiné ! Remarquez, vous avez bien raison ! Il acceptera peut-être de vous le céder !
Après s’être penché sur ses livres, il inscrivit sur un bout de papier « Léon Glaz - Route de Bénodet - Combrit » et le tendit à Cédric qui le remercia chaleureusement.

Sur le chemin du commissariat, perdu dans ses pensées, Cédric revoyait Léon Glaz lui décrivant la dispute entre Ghislaine et Guillaume. Il revoyait Yves, auprès de son père. Son blouson s’ornait d’un tas d’insignes. Cédric s’était fait la remarque qu’il était dommage d’abîmer un si beau cuir en y accrochant toute cette quincaillerie. Si cette idée l’avait effleuré c’est qu’une breloque semblait manquer à la panoplie et laissait un trou bien visible sur le revers du vêtement. Il murmura :
- Yves Glaz ! L’amoureux transi !
Déjà, quand ils étaient adolescents, Yves poursuivait Ghislaine de ses assiduités. Elle ne ressentait aucune attirance pour sa personne. À ses yeux, il était simplement le fils du voisin, un gars pas très futé ! Si on voulait la taquiner, la faire enrager, il suffisait de lui parler d’Yves. Cédric et Lilly ne s’en privaient pas !
Le dépit amoureux avait-il poussé le garçon jusqu’au crime ? C’était sinistre et dérisoire...

Yves Glaz s’effondra au premier interrogatoire. Il semblait apaisé de pouvoir enfin soulager sa conscience. Il aimait Ghislaine depuis toujours, sans être payé de retour. Le jeudi matin, quelqu’un lui avait parlé de la fête donnée au château pour les anniversaires de Ghislaine et Cédric. Elle n’avait même pas daigné l’inviter et cela, il n’avait pu le supporter. Le soir, ne parvenant pas à trouver le sommeil, il marcha jusque la ferme des Guennec. Jetant des petits gravillons sur sa vitre, il avait réveillé Ghislaine. Elle crut que Cédric et Lilly, arrivés en avance, lui faisaient signe et s’était rapidement habillée pour les rejoindre.
Dès qu’elle avait reconnu Yves, la déception s’était peinte sur son visage et, cela non plus, il n’avait pu le supporter ! Il l’avait entraînée dans la grange...
Après son geste, affalé dans la paille, il prenait conscience de sa folie quand une grosse poule rouge s’était jetée sur lui en caquetant. Affolé, il s’était enfui.
Plus tard, il avait tout avoué à son père. Léon Glaz prit les choses en main et décida de faire d’une pierre deux coups. Depuis longtemps, il convoitait la ferme des Guennec dont les terres lui semblaient plus rentables que les siennes. La querelle à laquelle il avait assisté lui était apparue comme une opportunité. Elle lui permettait de sauver son fils en écartant un voisin jalousé !

Appuyée à la grille ouvragée, Marianne scruta l’ombre jusqu’à ce que les feux arrières de la Jaguar aient disparu au tournant de l’allée. Cédric regagnait Paris. Maurice posa une main réconfortante sur l’épaule de sa femme. A pas lents, ils remontèrent au château. Guillaume avait été relâché et Yvonne se remettait peu à peu. Pourtant, les jours à venir seraient bien tristes à Kerostran.
Seule, Bobonne tirait son épingle du jeu. Étant donné son rôle dans l’affaire, elle avait acquis la garantie de ne jamais finir en poule au pot !

Fin

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